26.10.2009

L'esprit de Jarnac

23% des personnes ayant votés pour Nicolas Sarkozy au premier tour de l'élection présidentielle en 2007 jugent négativement son bilan selon l'institut de sondage LH2.

19% de ces mêmes électeurs ayant votés pour Nicolas Sarkozy au premier tour déclarent qu'ils ne lui redonneront pas leur voix s'il se représente à nouveau en 2012.

Il s'agit uniquement là des électeurs ayant votés Sarkozy au premier tour, nous pouvons donc penser que la proportion est encore plus importante chez les Français qui n'ont votés pour lui qu'au second tour, pour faire barrage à la gauche.

Ce résultat est la conséquence de ce que cet espace montre depuis sa création : un homme politique de droite doit faire la politique de droite que lui demandent les Français.

Le virage à droite à mi-mandat ne va pas être suffisant. La déception est trop forte, c'est terminé pour Sarkozy.

Pour ma génération, qui votait pour sa première présidentielle, 2007 était un espoir, un souffle de liberté pour vaincre la gauche. Nous voulions enfin prendre notre destinée en main, en finir avec les dinosaures du type Cohn-Bendit et Lang qui radotent des idées d'un autre âge. Envoyer 68 au grenier, c'était la promesse de la liberté, d'un avenir serein.

Restaurer la France, le Bien Public, la Citoyenneté, la Souveraineté, la Sécurité Publique, les Finances de l'Etat. Promesses et rien du tout.

C'est un énorme gâchis. La droite doit être la droite pour gagner, la génération de droite aux affaires est esclave de la gauche, l'homme de Jarnac - ça ne s'invente pas - était décidément un artiste dans son genre. Même mort depuis treize ans, il continue de nous porter des coups terribles. La vraie "Génération Mitterrand" c'est celle de la droite qui dirige aujourd'hui, celle qui avait 20 ans il y a trente ans.

Ma génération de droite n'a jamais connu qu'un PS vaincu, ridicule dans ses propositions, incapable de donner une position commune, de formuler une idée moderne et un PC déjà rendu à la poussière, comment comprendre la faiblesse de nos aînés vis-à-vis d'un tel adversaire sinon comme une lâcheté ? Comment regarder les promesses de Sarkozy et l'absence de mise en oeuvre sinon comme un renoncement ?

C'est de cette incompréhension, je pense, que le Président va perdre le pouvoir. C'est regrettable car il aurait simplement suffit d'accomplir la volonté des Français pour continuer. La communication ne sera d'aucun secours, sans fusible à Matignon, c'est le Président qui saute, ce sont ses règles du jeu, il va devoir assumer. Pendant ce temps, le pays s'enfonce chaque jour un peu plus.

Le Bien Public, cette idée qui semble grotesque à certains élus quand d'autres élus ont l'excentricité de rappeller qu'elle devrait être au coeur de chaque décision dans une démocratie qui fonctionne normalement, est oublié des décideurs.

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