23.09.2009

Halicarnasse

Le documentaire historique Apocalypse du service public est un signe que les choses changent. Je me souviens des documentaires que nos professeurs nous projetaient sur le deuxième conflit mondial et il faut dire que celui-ci est bien plus complet. Il est synthétique mais plus large car il montre des choses que certains historiens, souvent très marqués, ne voulaient pas dire. Aujourd’hui, une autre génération d’historien dit les choses.

 

Ce documentaire montre un fait que j’ai synthétisé sous la forme d’un article de cet espace l’année dernière. Il s’agit de l’alliance entre les islamistes et les nazis. Le chef religieux islamiste qui participa activement à la guerre contre les Alliés dans les rangs nazis est montré passant en revue ses troupes de volontaires SS musulmans bosniaques. Cela ne dure que quelques secondes mais à une certaine époque pas si lointaine cela aurait été impensable.

 

Le narrateur évoque aussi, s’agissant du front de l’Est, « Staline conquiert et occupe l’Est de l’Europe ». C’est la traduction de ce que je répète après chaque 8 Mai : l’Ouest est libéré mais l’Est échange un occupant pour un autre. Il y a le discours de Gilles Masure, conseiller général communiste, chaque année ce jour là, mais j’ai compris qu’il ne changera plus d’avis. Jacques Lacan dit que face au désir la réalité est marginale. Je me suis mépris sur le sens de son discours, je le pensais militant, il n’était que le reflet d’un songe éveillé qui s’éteint.

 

Un hommage à Alexandre Soljenitsyne, pour lequel je me suis battu contre Arnaud Foubert en voulant proposer au Conseil Municipal de baptiser une des nouvelles artères de Crépy de son nom, apparaît dans le documentaire lorsque le narrateur évoque le chef d’œuvre de Soljenitsyne L’Archipel du Goulag pour illustrer la deuxième vie des camps après la mainmise de Staline. C’est pour un jour comme ça, un jour où l’histoire s’affranchit de la tutelle qui pesait sur elle et se révèle à six millions de personnes en une fois, que je suis fier de suivre depuis toujours le mot de celui qui est considéré comme le père de tous les historiens, Hérodote, lorsqu’il dit : "Si je dois exprimer une opinion qui me fera mal voir par la plupart des gens, dès l'instant, qu'elle m'apparaît conforme à la vérité, je n'hésiterai pas à le faire !".

Naturellement en disant « qu’elle m’apparaît conforme à la vérité » l’historien contemporain mobilise une méthodologie qui n’existait pas à l’époque d’Hérodote mais il m’apparaît très juste de lier la technique issue de la structuration de la discipline avec les principes du père de l’Histoire.

 

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