20.09.2009

Palladium

La chancelière allemande, Angela Merkel (CDU-CSU), a accusé samedi la gauche allemande (SPD) de vouloir s’allier avec la gauche extrême (Linke) au sein du futur Bundestag.

 

C’est l’illustration de ce que j’écrivais ici même il y a quelques mois : les pays qui subirent le communisme sont immunisés. Les Allemands ne voteraient jamais pour la gauche parlementaire allemande si elle avait des faiblesses pour l’extrême-gauche. Le sachant, le SPD maintient le cordon sanitaire démocratique.

 

Cette description de la vie politique de nos voisins d’Outre-Rhin est l’occasion de montrer par l’exemple que nos pays sont très différents et que par conséquent la construction fédéraliste actuelle de l’Europe est au mieux irréaliste. Le Sénat tchèque vient d’ailleurs de déposer un recours pour empêcher l’adoption de Lisbonne par la Tchéquie au motif qu’il viole la Constitution tchèque dans ses dispositions qui assurent l’indépendance et la souveraineté de ce pays. Sur l’Europe le clivage n’est pas gauche/ droite mais peuple/ technocrates. Ainsi, en France, le Président Sarkozy essaye de détruire les Départements avec une réforme des Collectivités Territoriales maligne. Comme la tumeur. L’échec de la stratégie frontale avec le numéro du département sur les plaques d’immatriculations lui impose de passer à quelque chose de plus subtil. La réforme exploite la volonté des Français de voir les finances publiques faire des économies en mettant en avant la réduction du nombre des élus pour mieux masquer le but réel de suppression du département au profit d’un échelon administratif régional jugé plus euro-compatible. C’est la fameuse « Europe des Régions » qui nous ramène à l’époque de l’Empire Romain Germanique où il y avait 350 Etats dans un Etat supranational. L’Histoire est une boucle, il serait peut être temps de le comprendre et d’en tirer les conséquences au sujet de l’affligeante idéologie « du progrès », véritable délire en dehors du réel. Il n’y a rien de plus commun que de croire ne pas l’être et les fédéralistes, croyant que l’Europe sera le palladium du progrès, se trouvent en des terres très fréquentées. La connaissance de l’Histoire et des lois humaines éternelles qu’elle enseigne est le déterminisme majeur. De Gaulle était lui-même historien et connaissait bien notre pays, Jean Monnet, manquant de culture historique de son propre aveu, accordait à l’économie le primat sur tout. Toujours la même chose : savoir ou croire savoir.

 

 

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