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28.06.2008

Dilemne

L’évènement politique de cette fin de semaine c’est la mutation d’un des nombreux groupuscules d’extrême-gauche qui change de nom. Mais voilà ce nom est tout un programme et va avoir une incidence sur les choses. En effet la vieille Ligue Communiste Révolutionnaire se mue en un caricatural « Nouveau Parti Anticapitaliste ». Et là se pose le problème pour les socialistes. C’est même plus qu’un problème, c’est un feu de forêt qui couve, de ceux que l’on craint sans être certain de pouvoir les contenir. C’est un choc qui touche l’ensemble des familles politiques. Pourquoi ? Analysons donc les choses avec sérénité.

La gauche socialiste d’abord. A l’heure où le match Royal-Delanoë se joue pour le pouvoir au PS et où les candidats se déclarent libéral pour l’un et partisane du retour de « l’ordre juste » pour l’autre, c’est un contraste très fort entre le PS qui est un parti bobo et les archéo-trotskistes de Krivine. Le danger pour le PS c’est que la frange la plus gauchère de son électorat, la plus dure et conservatrice, ne se satisfasse plus de ses positions qui leurs paraissent un peu tièdes et réclament quelque chose de plus violent. Le choix des mots est donc très important. Cela n’a d’ailleurs pas échappé au PS qui met en place une cellule chargée de surveiller l’extrême-gauche et de contrer la menace. Julien Dray, ancien ligueur, qui connaît bien les méthodes et le populisme de ses anciens « camarades », alerte le PS sur le danger et à même déclaré qu’il ne devait rien y avoir entre les communistes et les socialistes. C’est citer Malraux. Décidément ça va vraiment très mal au PS. Pourtant quand ça va mal ça peut toujours aller encore plus mal. Cela nous amène à la droite.

Pour la droite, même si on peut penser qu’a priori nous ne sommes pas concernés par les luttes entre la gauche parlementaire et la gauche anti-républicaine, c’est pourtant une question qui se pose. Elle est assez simple : la droite va-t-elle faire de Besancenot le Le Pen de la gauche ?

C’est une vraie question. Il faut voir les choses avec calme et lucidité. Les socialistes tremblent de peur à l’idée que la droite se venge qu’ils aient créés le Front National il y a vingt ans. A priori ça va donc plutôt dans le bon sens. On peut ajouter que cela accélèrerait énormément la mort, en termes d’élus, de feu le parti communiste. Nouvel argument qui va plaider la cause de cette idée. D’ailleurs il semble que c’est bien l’idée retenue par Sarkozy. Il aurait même fait transpirer François Hollande récemment en lui disant « Nous allons vous faire avec Besancenot ce que vous nous avez fait avec Le Pen ». Ce n’est pas la volonté du Mouvement Pour la France. Nous considérons qu’il ne serait pas responsable, même avec de bonnes intentions, de laisser prospérer des idées aussi moralement condamnables et potentiellement dangereuses, pour employer un euphémisme. Même si nous reconnaissons évidemment que sur le plan des idées il n’y a pas grande différence entre ces deux idéologies puisqu’elles se fondent sur la détestation et la protestation radicale, nous appelons à combattre et à rejeter ce parti extrémiste plutôt qu’a l’instrumentaliser. Nous comprenons naturellement le désir qui peut être grand chez certains hommes et certaines femmes qui ont tout endurés durant vingt ans, ont été victimes de toutes les bassesses et les attaques les plus malhonnêtes, de vouloir retourner la lettre à l’expéditeur. Mais ce qui différencie la gauche et la droite c’est que nous valons mieux que ça et que même s’il est tentant de retourner les armes de l’adversaire contre lui cela ne doit pas se faire au détriment de la protection de l’esprit et des valeurs de la République. L’enfer est pavé de bonnes intentions. Ne nous abaissons jamais au niveau de la gauche, notre peuple la rejette avec une force extraordinaire qui doit nous encourager à ne pas prendre part à ces pugilats pathétiques. Laissons les loups se manger entre eux.

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