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08.05.2008

Le 8 mai

Le 8 mai est toujours une date très émouvante car elle marque la victoire sur un totalitarisme et paradoxalement enfonce des dizaines de millions de gens dans un autre totalitarisme pour presque un demi-siècle. C’est donc plus compliqué de commémorer la victoire des Alliés de 1945 que la victoire de 1918. Il serait indécent de proposer une graduation dans l’horreur et je me suis toujours refusé, appuyé sur la vérité historique, à différencier le totalitarisme nazi et le totalitarisme communiste. Si l’on est cynique on admet le nombre des victimes comme facteur pour évaluer l’un et l’autre mais ce serait oublier que chaque unité en question était un homme, une femme, un enfant et ne sont pas des objets inanimés et ce serait insulter leurs mémoires.

 

C’est donc pour l’ensemble des victimes de cette terrible guerre, pour les victimes de la Shoah comme pour les populations civiles qui payèrent un lourd tribut aux combats, que j’ai participé aux cérémonies patriotiques aujourd’hui à Crépy.

Je me suis souvenu de cette phrase de Jean-François Revel : « L'utopie n'est astreinte à aucune obligation de résultats. Sa seule fonction est de permettre à ses adeptes de condamner ce qui existe au nom de ce qui n'existe pas ».

Oui il nous appartient de tirer les leçons de l’Histoire et le fait que les Anciens Combattants nous quittent ne peut pas être une excuse à l’oubli. La leçon de cette guerre c’est que le courage sauve les vies humaines et que la lâcheté est assassine. Transiger avec l’horreur aujourd’hui c’est se préparer des lendemains difficiles. Ne refaisons pas l’erreur de Munich. Combien de millions de vies se sont jouées à Munich en cette terrible année 1938 ? Personne ne le sait mais dire que des millions d’êtres humains sont virtuellement morts cette année là avant de l’être réellement quelques années plus tard par la faute de politiques lâches est une réalité.

 Lorsque nous traitons avec le totalitarisme, qu’il soit d’idéologie laïque ou religieuse, et que nous commémorons la victoire de 1945, c’est un contre sens. Il faut définitivement sortir du cauchemar meurtrier qui veut que demain soit meilleur qu’aujourd’hui. Demain sera mieux qu’aujourd’hui si nous agissons de manière à ce que ce soit le cas. Pas si on le décide arbitrairement. Cette incapacité à percevoir le réel est au cœur même de la pensée de la gauche. Jacques Lacan disait : « Face au désir la réalité est marginale ». Cette incapacité à voir le réel conduit à des enfermements dogmatiques et au suicide collectif de toute une nation depuis des décennies. Il faut en sortir et je suis heureux que la jeunesse française soit de plus en plus nombreuse à briser le conditionnement que la gauche à mis en place dans le système éducatif, ce qui étouffe la contestation de la pensée unique. Aujourd’hui le vent de la liberté se lève.

 Vive la France  !