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06.05.2008

Un an après

On a parfois l’impression de vivre des moments historiques. Souvent ce n’est pas le cas.

Et parfois, on a la certitude de vivre un moment historique et la réalité ne vient pas vous démentir. C’est l’état d’esprit qui était le mien les 22 avril et 6 mai 2007.

 

Je ne pense pas pouvoir oublier ce 6 mai 2007 car même si le candidat que j’avais ardemment soutenu n’était plus en course, je me sentais concerné par ce deuxième tour car j’ai énormément appris de cette élection présidentielle. Elle est fondatrice de mon engagement en politique.

 

Pour comprendre mon 6 mai il faut remonter au premier tour du 22 avril. J’ai fait campagne pour Philippe de Villiers, je l’ai soutenu avec toute la force de mon enthousiasme et de mes convictions, avec l’énergie de ceux qui savent lutter pour une cause juste, de ceux qui savent que la France n’est pas monnayable, de ceux qui savent que la France est une lumière pour le monde et un besoin des Hommes.

 

Le 22 avril 2007, j’avais été invité par une chaîne de télévision nationale à attendre les résultats lors d’une soirée où était représentés la plupart des candidats. Naturellement notre résultat ne fut pas celui que j’attendais, mais j’étais très fier de la campagne que nous avions menée sans couverture médiatique et avec peu de moyens financiers. Très fier aussi que nous ayons été en mesure de proposer aux Français le choix du patriotisme, différent du bonapartisme de Sarkozy et du nationalisme de Le Pen, et qu’ils nous aient apporté leur confiance alors que la logique de « vote utile » avait fait des ravages envers la démocratie. Quand la journaliste m’a demandée sur qui allait se porter mon suffrage au second tour, j’ai déclaré que Sarkozy et Royal ne pouvaient y prétendre. Entre la politique du pire et le pire de la politique, je n’ai pas fait de choix. J’ai refusé de résoudre cette terrible équation. Les deux étaient de mauvais choix pour la France. J ’ai refusé de raisonner par l’absurde. La journaliste avait l’air surprise. Et moi, je l’étais qu’elle le soit car je pensais naïvement que le sens du Villièrisme était une évidence pour les professionnels. C’était une erreur. J’étais de droite, donc je devais voter Sarkozy au second tour. Ni plus ni moins. Pourtant, pas un instant ce soir là, je n’ai pensé que Sarkozy soit un besoin de la France. Je le pense encore aujourd’hui en écrivant ces lignes.

 

Ce même soir, Philippe de Villiers n’avait pas demandé aux Souverainistes de voter pour Nicolas Sarkozy. Je sentais la joie du représentant socialiste qui voyait les « réserves » théoriques de voix pour Sarkozy fondre de ce fait, mais son visage a pris une autre expression quand sa candidate a prononcé son allocution. C’est le discours le plus soporifique que j’ai jamais eu la douleur d’entendre et visiblement je n’étais pas le seul. Victime de ce « tir ami », le socialiste était K.O debout et j’en ai profité pour lancer à la cantonade « Vous croyez qu’elle s’est achetée une maison à l’île de Ré ? ». Eclat de rire général et aucune réaction à gauche : le socialiste achevait de se noyer. La soirée électorale s’est donc bien terminée.

 

La semaine entre les deux tours fut plus difficile car Sarkozy, vexé de ce que Villiers avait refusé d’appeler à voter pour lui lors de la soirée électorale, avait fait pression sur le MPF, ce à quoi il faut ajouter la candidate socialiste, argument à elle seule pour un vote Sarkozy et finalement Philippe de Villiers invita les Souverainistes à faire barrage à la gauche. Mais ce n’était pas assez pour moi. Il m’en fallait plus pour glisser un bulletin Sarkozy dans l’urne. Cette valeur ajoutée, c’est la candidate socialiste qui l’amena lors du débat l’opposant à Sarkozy. Je me rappelle très nettement m’être fait la réflexion que chaque phrase qui sortait de la bouche de Royal l’enterrait un peu plus. C’était l’idée que la chirurgie esthétique et une agence de communication pouvaient faire le dirigeant de la France. La pitié le disputait au mépris. J’ai donc voté Sarkozy le 6 mai, mais je l’ai fait sans la moindre illusion sur l’homme et ses idées. Dès le 6 mai au soir je répondais à un journaliste qui me demandait si j’étais heureux de la victoire de Sarkozy « Non, absolument pas, il trahit déjà… ».

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