15.04.2008
L'affaire Patrick Deguise
Depuis aujourd’hui Michel Charasse, Sénateur PS et ancien ministre de François Mitterrand a vu sa suspension du PS devenir effective pour une sombre affaire de non-respect du vote des militants dans une investiture. Chose banale dans un PS où chaque fédération est en réalité en guerre interne et où les leaders ne craignent pas de savonner la planche pour le « camarade » d’à côté. Ainsi le PS de l’Oise, en faillite aux dernières nouvelles, voit deux factions s’opposer depuis des années. L’une est dirigée par Yves Rome, Président du Conseil Général de l’Oise, et s’affiche sans complexe comme proche d’un certain nombre de groupuscules d’extrême-gauche avec lesquels son lieutenant Laurence Rossignol ne craint pas de frayer et de passer la ligne rouge en prenant certains membres de ces partis sur sa liste aux municipales à Compiègne. Yves Rome juge ainsi que les extrêmes, pourvu qu’ils soient de gauche, sont fréquentables. Je dois avouer que je suis mal à l’aise avec l’idée que le dépositaire de l’autorité d’une Collectivité Territoriale de la République Française puisse entretenir des relations avec des groupes d’extrême-gauche, soit des forces de l’antiparlementarisme et du totalitarisme. Le PS doit clairement afficher s’il soutient les alliances nauséabondes de ses responsables ou s’il a lancé une procédure disciplinaire d’exclusion de ces mêmes responsables. A l’instar de Georges Frêche, ancien Président socialiste de la Région Languedoc-Rousillon, exclu en 2007, les dérapages électoraux doivent être suivis de conséquences. L’autre faction regroupe le centre-gauche et ne dispose pas du pouvoir départemental.
Il faut aussi faire toute la lumière sur l’affaire de Noyon et chercher à savoir si le PS à passé une alliance préélectorale avec le Front National afin d’empêcher la victoire du candidat de droite. Objectivement chacun sait dans la vie politique, même si ce n’est pas forcément publiquement verbalisé, que le Front National est une pièce maîtresse de la stratégie du PS, depuis plus de vingt ans, et qu’il joue son rôle en faisant chuter des candidats de droite à chaque élection. C’est son unique raison d’être depuis que François Mitterrand, qui connaissait bien ces milieux nationalistes, l’a tiré du néant pour en faire ce qu’il est aujourd’hui, c’est à dire la machine à faire perdre la droite. C’est le schéma classique, intégré et inchangé depuis des années. La réelle spécificité de cette ténébreuse affaire de Noyon réside dans le soupçon d’une collusion, avant le premier tour, verbalisé entre les leaders PS et FN et donnant lieu à une contrepartie pour son allié en cas de victoire du candidat socialiste. En effet le soupçon d’une entente est fondé dès l’instant où le maire PS de Noyon, Patrick Deguise, dont la majorité au Conseil Municipal lui donne le droit de désigner les élus de Noyon à la Communauté de Communes du Pays Noyonnais, fait entrer de sa propre volonté le conseiller municipal FN dans cette instance intercommunale.
Cette affaire est comparable à celle des Régionales de 1998, et si Patrick Deguise refusait de s’expliquer alors l’ensemble de la classe politique isarienne devrait demander la démission immédiate de Patrick Deguise. Le PS pourrait être tenté de soutenir son élu et d’essayer d’étouffer l’affaire et le scandale qui monte, mais les Isariens le sauraient et sauraient s’en souvenir.
23:43 Publié dans Vie publique isarienne | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
Monsieur bonjour,
votre article a retenu toute mon attention.
Il est des pratiqiues politiciennes qui ne sont pas glorieuses, mais soyons objectifs ces dernières existent tant à droite qu' à gauche.
Que Monsieur Deguise ait composer avec le FN, je ne le sais, par contre ce que je puis vous affirmez c' est qu' il a eu l' intelligence de se servir de la plate- forme sur le noyonnais pour récupérer des voies en particilier sur Beauséjour ou 517 pétitions contre l' implantation initiale de la plate- forme et le déolacement de l' écluse ont été signées par les habitants de ce quartier.
Monsieur Gonnot pour sa part, après avoir distribué un tract dans les communes de beaurains les noyon, Porquericourt et Vauchelles à la veille d' une élection dans lequel il promettait un déplacement de la plate- forme et une discussion avec les élus et riverains, refusait de participer au débat.
Invité par deux fois aux réunions qui se déroulaient à la salle des fêtes de Porquéricourt, il brillait par son absence.
A aucun moment il n' acceptait de recevoir les élus et les associations pour écouter les doléances de tous.
Seule la venue du ministre E Woerth, permettait de faire part à ce dernier des nuisances que ce projet présentait pour les riverains.
Les élections ont été remportées par la gauche, il est évident que le mauvais choix que constituait Monsieur Gonnot, ne pouvait que faire chuter la droite à Noyon, tout comme le fait de placer Gérard Deguise en troisième place sur la liste.
Gérard Deguise, personne de terrain, reconnu par les Noyonnais, vous aurez conduit à garder la mairie de Noyon.
Patrick Deguise , tout comme Gonnot , vivent de la Politique, alors qu' importe les moyens pourvu que les indemnités tombent.
Il s' agit d' une leçon qui demande à ce que l' on donne à Gérard Deguise, la place qui devrait être la sienne: TETE DE LISTE A NOYON
M Bocquet porquéricourt
Ecrit par : bocquet | 06.03.2009
Monsieur Bocquet,
Je vais vous répondre très simplement sur le sujet, qui est à la fois grave et révélateur.
Cette affaire Patrick Deguise fut portée à la connaissance de l'ensemble des médias picards ainsi qu'a des grands quotidiens et hebdomadaires nationaux. J'ai su que de vifs débats s'étaient déroulés dans certaines rédactions afin de traiter cette information. Finalement la presse et les télévisions se sont abstenues de traiter le sujet. Nonobstant cela il y avait de la gêne dans la voix des journalistes. Certains voulaient informer les Picards de cette alliance.
Il y a quelque année notre région avait vu un déferlement médiatique énorme, vous vous en souvenez sans doute mieux que moi, mais il est vrai que la couleur politique était autre. Ceci explique peut être cela.
Le leader de l'opposition de gauche de Crépy-en-Valois affirmait dans la presse il y a quelques mois qu'il n'était pas maire car le Front National lui avait manqué. A Noyon cela ne semble pas avoir été le cas.
Le fait que Patrick Deguise ne se décide pas à quitter ses fonctions et que sa fédération ne l'exclu pas, milite en faveur de l'idée que nous assistons à un rapprochement serein entre le nationalisme et le socialisme dans l'Oise. D'autres indices nous viennent du Conseil Régional où les socialistes comptent sur les voix du FN pour faire voter des délibérations ( Cf. Projet de télévision régionale ).
Cela étant dit, il faut savoir que des milliers de Picards ont lu sur internet la lettre stigmatisant cette alliance et que cette affaire aura naturellement des conséquences.
En tout cas, je souhaite à la droite noyonnaise de reprendre une mairie perdue de triste manière.
Ecrit par : Gautier Jeannot | 06.03.2009
bonjour,
vous faites état d' une lettre concernant l' affaire Deguise, qui en est l' auteur et peut- on se procurer un exemplaire de celle ci.
Merci d' avance, et continuez votre blog très intéressant.
Cordialement
M Bocquet
Ecrit par : bocquet | 10.03.2009
Bonjour,
Vous trouverez cette lettre ici même, dans les articles publiés au printemps ou bien encore sur le blog du député François-Michel Gonnot, qui a soulevé le problème de cette alliance en séance du Conseil Municipal de Noyon. Vous la consulterez aussi sur le site d'information picarde qu'est Proxinews.
Chacun des acteurs politiques importants dans notre région, de gauche ou de droite, fut informé de cette affaire par un moyen ou un autre. Aucune personnalité politique de gauche, ni Claude Gewerc qui était à la tête de l'opposition régionale en 1998 et avait eu des propos d'une rare virulence dans une autre circonstance, ni Yves Rome n'ont souhaités s'exprimer devant la presse sur cette affaire.
Ecrit par : Gautier Jeannot | 11.03.2009
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